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04 May
Projet de loi logement : 700 000 passoires énergétiques bientôt de retour sur le marché locatif ?

Le gouvernement vient de dévoiler une mesure phare de son nouveau projet de loi logement : réintroduire d’ici 2028 près de 700 000 logements classés F ou G – les fameuses passoires énergétiques – aujourd’hui progressivement exclus du marché locatif en raison des obligations de performance énergétique.

Objectif affiché : lutter contre la pénurie de logements

Face à une crise locative sans précédent, notamment dans les grandes métropoles, l’exécutif souhaite éviter que des milliers de biens restent vacants faute de travaux réalisés à temps. L’idée : permettre aux propriétaires de continuer à louer, à condition de s’engager formellement à rénover.

Un engagement de travaux obligatoire

  • Les propriétaires devront signer un engagement de rénovation énergétique.
  • Le délai maximal pour réaliser les travaux sera de 5 ans pour les biens en copropriété, où les décisions collectives ralentissent souvent les chantiers.
  • Pour les logements individuels, le délai pourrait être plus court (selon les arbitrages finaux).

Un équilibre délicat

Cette mesure suscite déjà des réactions contrastées :

  • Les propriétaires y voient un assouplissement nécessaire pour éviter la vacance forcée et la perte de revenus.
  • Les associations écologistes dénoncent un recul sur la lutte contre les logements énergivores.
  • Les locataires, eux, espèrent que cela permettra de détendre un marché devenu inaccessible, tout en restant protégés par un calendrier de rénovation clair.

Un pari risqué mais structurant

Réintroduire massivement des logements énergivores tout en exigeant leur rénovation est un pari :

  • Il pourrait augmenter rapidement l’offre locative,
  • mais il repose sur la capacité réelle des propriétaires à financer et mener les travaux dans les délais.

Le débat parlementaire s’annonce animé, tant cette mesure touche à la fois au pouvoir d’habiter, à la transition énergétique et à la régulation du marché immobilier.


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